Actualités Bilan Sécurité Routière 1997 : une "stagnation inquiétante". Le bilan 1997 présenté par la Sécurité Routière révèle une faible baisse du nombre des tués sur route (-1,1 %) par rapport à 1996 et une stabilisation du nombre d'accidents corporels (0,2 %). Des résultats que les pouvoirs publics jugent "insuffisants".
Le ministre des Transports Jean-Claude Gayssot a estimé que ces chiffres montraient "une stagnation" dans un bilan "très lourd", avec 7 989 tués sur les routes.
Pour le ministre, qui a préparé un projet de loi que le Sénat vient d'examiner, le bilan de 1997 montre "le chemin qu'il reste à parcourir" (c'est-à-dire énorme) pour remplir l'objectif que le gouvernement s'est fixé : réduire de moitié le nombre des morts sur la route en 5 ans (objectif pour le moins fantaisiste qui n'a jamais été envisagé lors des discussions-débats de la Table Ronde sur la Formation du conducteur, et qui pourtant figure dans le rapport final signé par Mr Verré).
Le délégué interministériel à la Sécurité Routière, Alain Bodon, a relevé pour sa part un "plafonnement de l'effet positif des grandes mesures de sécurité routière prises dernièrement, comme la diminution du taux d'alcoolémie maximum à 0,50 g".
Le faible recul de 1,1 % du nombre de morts - sur une circulation globale en hausse de 3,2 % - cache en fait des situations différentes.
Le bilan est particulièrement lourd (sinon insupportable) pour les jeunes de 15 à 24 ans avec 2 061 tués en 1997, soit une augmentation de 1,7 %. Cette tranche d'âge, qui représente 14 % de la population totale, mais un quart des tués sur la route, est la seule dont la mortalité a augmenté. La route reste la première cause de mortalité des jeunes, souligne la Sécurité Routière.
De même, les cyclistes et les motards ont payé un lourd tribut. L'an dernier, 329 cyclistes ont été tués, soit une hausse de 9,7 %. Et 831 motards ont trouvé la mort, soit une hausse de 12,1 %, alors que le nombre de motards tués sur la route n'avait cessé de baisser depuis 1991 (981 tués).
A propos des accidents de motos, Alain Bodon a expliqué qu'il était encore trop tôt pour détecter un éventuel effet de la décision autorisant les titulaires du permis B (véhicule de tourisme) de conduire une moto de 125 cm3. On peut remarquer par là la difficulté qu'ont les politiques à désavouer leurs propres décisions, alors que les chiffres montrent à l'évidence le contraire. Il est en réalité urgent de protéger les futurs motards (non formés !) des risques de la route (on appelle cela le devoir de précaution !). Ecoutons les chiffres : le nombre de pilotes de motos de 125 cm3 victimes d'un accident mortel a augmenté de 21,8 % (95 pilotes tués) en 1997. Mr Bodon justifie ces chiffres en rappelant que les ventes de ces engins avaient doublé la même année. Etonnante analyse "fataliste" ! Le discours est à la mesure de la décision : c'est-à-dire proche de l'irresponsabilité. Mr Bodon pourra se réfugier derrière les directives européennes, elles n'empêchent pas un pays (souverain) de prendre des mesures d'accompagnement. A quoi sert-il d'organiser une Table Ronde sur la Formation des Usagers de la Route et sur la Formation des Conducteurs si aucune décision en faveur de la Formation n'est réellement prise ?
Il est temps (grand temps) de prendre des décisions plus rationnelles, en s'éloignant des intérêts d'un tel ou des contraintes de tel autre, et de faire véritablement en sorte de diminuer l'insécurité routière. Dans le domaine de la Formation, il y a beaucoup à faire (le chiffre accablant des tués parmi les jeunes suffit à le démontrer)...
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Formateur de Moniteurs Auto-Ecole ; concepteur d'ouvrages pédagogiques pour les enseignants de la conduite automobile ; animateur des stages Permis à Points (sensibilisation aux causes et conséquences des accidents de la route) ; secrétaire de l'Association Nationale des Formateurs de Moniteurs en Education Routière (A.N.F.M.) ; membre de la Table Ronde sur la Formation des Conducteurs en 1997 ; webmaster du site PSR.