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DOSSIER
La nouvelle ETG dans les faits
Il
n'y a pas si longtemps, l'apprentissage du code de la route et l'examen
qui sanctionnait cet apprentissage, cela pouvait se limiter à
retenir quelques panneaux, quelques chiffres clés, et quelques
pense-bêtes faciles. Avec la nouvelle ETG, la donne est sensiblement
différente.
Nouvelle ETG : Portrait robot
Si le projet de la nouvelle ETG est né en 2001, c'est bien
dans le courant du mois de Mai 2002 que les premiers départements
pilotes ont été confronté à cette nouvelle
réalité. Sur le principe, la nouvelle ETG (Epreuve
Théorique Générale) est une véritable
révolution pour les professionnels de l'enseignement de la
conduite. Le principe de cette réforme est simple, modifier
considérablement la teneur des questionnaires d'examens afin
de laisser plus de place à la réflexion, l'analyse
et l'observation. Si
les questions du type "au rouge, je passe ou je m'arrête"
existent toujours, de véritables notions concernant la sécurité
routière sont réellement exigées. Si bien que
finalement si les candidats sont impactés par la nouvelle
ETG, ils ne le sont pas autant que les formateurs eux-mêmes
qui doivent remettre littéralement en question l'ensemble
de leur pédagogie. Le bachotage des panneaux de signalisation,
du calcul des distances de freinage et de sécurité
ne suffit plus. Le code n'est pas tout, il faut désormais
éveiller en chacun des candidats non un simple conducteur
mais un véritable acteur de la sécurité routière.
Des objectifs et un arsenal
Nous l'avons déjà évoqué, l'objectif
des pouvoirs publics est clair. Face à des résultats
concernant la sécurité routière vraiment mitigés
avec une sinistralité et une mortalité difficiles
à endiguer, il faut prendre des mesures. Comme tout ne peut
pas passer par la répression, l'accent est porté sur
la prévention et plus particulièrement sur la formation.
Avec la nouvelle ETG, force est de constater que l'enseignement
de la théorie est devenu beaucoup plus difficile. Les questions
font appel à de nombreuses notions qu'il n'est pas toujours
aisé d'inculquer à des élèves débutants
qui n'ont que faire de connaître l'espérance de vie
d'un piéton égaré sur la bande d'arrêt
d'urgence d'une autoroute. Le candidat - et c'est le propre du candidat
- ne pense qu'à conduire et à obtenir son permis.
Le formateur doit donc déployer des trésors d'ingéniosité
pour sensibiliser ses élèves à toutes les nouvelles
problématiques qui sont abordées durant l'examen.
Les questions liées à l'alcool ne sont plus axées
nécessairement autour des seuils de répression mais
plutôt sur le facteur humain et si c'est réellement
un plus dans la formation, c'est pour l'enseignant un véritable
casse-tête car il doit remettre en question des années
de pratique. Pour mener à bien cette nouvelle mission, les
pouvoirs publics se sont dotés d'un nouveau matériel
qui a vite trouvé sa place dans l'arsenal des auto-écoles.
Les Cd-Rom, DVD et autres correctrices et boitiers-test ont eu tôt
fait de supplanter diapos et perfotest ! Une fois encore, pour les
exploitants, il a fallu investir d'un point de vue financier pour
se doter du meilleur équipement en vue de former au mieux
les candidats et d'un point de vue intellectuel pour faire évoluer
des techniques pédagogiques vers un nouvel esprit.
Les premières retombées
Dans les 29 premiers départements pilotes dans lesquels
la nouvelle ETG a été expérimentée,
les résultats ne se sont pas faits attendre avec une chute
vertigineuse du taux de réussite. Les enseignants alors mal
informés ont éprouvé les plus grandes difficultés
à préparer leurs candidats d'une façon adéquate
à cette nouvelle forme d'examen. Cependant, bien vite, alors
que la nouvelle ETG a gagné pour ainsi dire tout l'Hexagone,
cette chute s'est stabilisée et si le taux de réussite
est légèrement inférieur à ce qu'il
était par le passé (autour de 64%), il se maintient
aujourd'hui, selon le Ministère, à 50%. Les pouvoirs
publics s'estiment satisfaits de ces résultats. De leur côté
les professionnels de l'enseignement demeurent pour leur grande
majorité sceptiques quant aux moyens qui leur ont été
donnés pour mettre en uvre la réforme et, comme
bien souvent, ont pu protester contre le manque d'information. Pourtant,
malgré les réticences initiales, les enseignants se
révèlent plutôt enthousiastes et cette mise
en danger de leurs techniques pédagogiques les ont galvanisé
pour l'essentiel.
Nouvelle ETG : Une bonne chose ou pas ?
C'est finalement toute la question qui reste posée. Sur ce
plan, deux écoles s'opposent. D'aucuns estiment que l'essentiel
demeure un apprentissage basé sur des valeurs sures comme
la connaissance de la signalisation et des réglementations
de base afin d'offrir aux candidats une assise suffisante, qui sera
ensuite perfectionnée, lors du passage à l'apprentissage
pratique de la conduite. Ceux-là pensent bien souvent que
la nouvelle ETG égare les élèves et les fait
se perdre dans des conjectures qui n'apportent pas typiquement d'amélioration.
D'autres cependant, et ils sont aujourd'hui les plus nombreux, pensent
que cette nouvelle façon d'enseigner et d'évaluer
les connaissances des candidats ne peut être que bénéfique.
Et au vu des derniers résultats publiés par la DSCR,
il semble que l'ensemble des automobilistes français ait
pris conscience des nouvelles problématiques inhérentes
à la sécurité routière.
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L'avis d'une professionnelle : Mon taux de réussite
n'a pas changé, ma façon d'enseigner, oui !
Nicole
Vasseur enseigne depuis maintenant 30 ans. Alors que son époux
prodigue les cours de conduite, elle enseigne le code à
tous les élèves de l'établissement. Comme
les autres elle a connu des moments de doute, mais dans l'ensemble,
elle est aujourd'hui satisfaite de la nouvelle ETG.
Activ Permis : Comment avez-vous pris l'annonce de l'arrivée
de la nouvelle ETG ?
NV : Finalement comme toujours, nous avons été
prévenus au dernier moment mais mis devant le fait
à accomplir, il a bien fallu nous adapter.
Activ Permis : En quoi avez-vous dû adapter vos
techniques pédagogiques ?
NV : Il a fallu persuader les élèves
d'apprendre le livre de code ce qu'ils ne faisaient pour ainsi
dire pas auparavant car ils trouvaient à l'examen les
situations qu'ils rencontraient sur les diapos. Il a donc
fallu leur apprendre à s'interroger sur la logique
de la conduite plutôt que sur de simples règles.
Activ Permis : Lorsque votre taux de réussite s'est
infléchi, avez-vous pris peur ?
NV : Je me suis inquiétée, mais
j'ai pensé que je devais renforcer mes explications
et insister sur les situations de comportement.
Activ Permis : Aujourd'hui que pensez-vous de cette nouvelle
ETG ?
NV : Je n'en pense que du bien car sur les diapos
les situations présentées ne correspondaient
plus à la circulatiaon actuelle. C'est un plus car
la réforme était nécessaire. La route
évolue, la formation le doit aussi.
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José Roda
© ACTIV PERMIS 2003
Retrouvez quelques exemples concrets du nouvel examen du code de
la route :
http://www.lepermis.com/images/etg/index.htm
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