Décisions du Comité Interministériel de Sécurité Routière du 25 octobre 2000A/ DECISIONS DU CISR DU 25 OCTOBRE 2000
I- Agir ensemble pour mieux comprendre les enjeux et les priorités de la lutte contre l'insécurité routière 1- Un Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR) est créé 2- Publication mensuelle d’un baromètre de l’accidentologie 3- Plus de moyens pour la recherche et l’évaluation 4- Une meilleure lisibilité de l’utilisation des crédits publics
II- Améliorer l’éducation et la formation à la sécurité routière 1- Une attestation de première éducation à la route à l’école primaire 2- L’enseignement de la sécurité routière au collège bientôt partie intégrante du permis de conduire 3- Le Brevet de Sécurité Routière obligatoire pour tous les usagers de cyclomoteurs 4- Un permis de conduire accessible au plus grand nombre 5- Des effectifs plus nombreux pour une meilleure évaluation des candidats et une formation de qualité 6- Pour une utilisation plus scientifique des nouvelles technologies dans l’enseignement de la conduite
III- Poursuivre le renforcement de l'efficacité des contrôles et sanctions et de la dissuasion qu'ils exercent 1- Sanctionner plus efficacement les infractions graves en respectant les droits des citoyens 2- Renforcer les politiques de contrôle routier 3- Alléger les tâches administratives pour permettre des opérations de contrôle plus efficaces 4- Expérimenter des sanctions pédagogiques 5- Une politique pénale plus homogène pour lutter contre l’insécurité routière
IV- Renforcer la sécurité des infrastructures et des usagers les plus vulnérables 1- Une infrastructure au service de la sécurité 2- L’information routière en temps réel 3- La France s’engage pour le limiteur de vitesse
B/ LA LUTTE CONTRE L'INSECURITE ROUTIERE : UNE PRIORITE DU GOUVERNEMENT
I- Mieux définir les règles et en faciliter l’application 1- Loi du 18 juin 1999 2- Une campagne pour mieux faire respecter la règle 3- Renforcer et améliorer les contrôles
II- Modifier durablement le comportement des usagers de la route 1- Une augmentation des actions de formation auprès des jeunes 2- Une mobilisation active d’une population vulnérable 3- Des plans de prévention du risque routier au travail
III- Mieux protéger les usagers de la route les plus vulnérables
IV- Sécurité sur la route : Grande Cause Nationale de l’an 2000
V- Les derniers résultats encourageants
Agir ensemble pour mieux comprendre les enjeux et les priorités de la lutte contre l'insécurité routière
La sécurité routière est l'objet de controverses fréquentes qui freinent la construction d'un consensus national sur cet enjeu de société. Afin que s'établisse un dialogue constructif entre tous les acteurs, il est important que les interlocuteurs soient d’accord sur les éléments du débat. La mise à disposition de tous d’outils d’analyse consensuels et transparents est donc nécessaire. Un Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR) est crééð Cet organisme indépendant, doté d’un conseil scientifique, sera une force de proposition. Ses missions d’analyse et de conseil seront triples : · procéder à des évaluations des actions engagées, · proposer au gouvernement des mesures en faveur de la sécurité routière, · commander des études permettant d’améliorer la connaissance de la sécurité routière. Le conseil scientifique proposera pour sa part des méthodes de suivi des résultats et des indicateurs d'accidentologie locale établis par l'Observatoire National Interministériel de Sécurité Routière (ONISR). Le Conseil National de Sécurité Routière sera composé de représentants de l'État, du Parlement, des collectivités locales, d’associations et du secteur économique ou social lié à l’automobile et à l’assurance. Réunissant les principaux acteurs de la lutte contre l'insécurité routière, il deviendra un véritable lieu de débats et permettra à chacun, en toute transparence, d'évaluer les mesures mises en œuvre. Il sera mis en place courant 2001 et disposera d’un budget d'études propre de 15 millions de F. Publication mensuelle d’un baromètre de l’accidentologieDepuis plusieurs mois, il est possible de disposer de résultats mensuels provisoires d'accidentologie dans des délais brefs qui se substituent aux seuls résultats de week-end de grande circulation. La publication régulière de bilans transparents est un facteur essentiel de sensibilisation de l'opinion. ð L’Observatoire National Interministériel de Sécurité Routière publiera chaque mois un baromètre mensuel suivant une méthodologie qui, sur proposition du conseil scientifique du Comité National de Sécurité Routière, pourra être adaptée et affinée. Il s’agit, à travers cet indicateur, d’obtenir une référence commune pour la société. Plus de moyens pour la recherche et l’évaluationAfin de mieux identifier les pistes de progrès possible, il est nécessaire de renforcer la recherche et l’évaluation. Une meilleure connaissance des causes des accidents permettra d'en améliorer le traitement. ð Le programme national de recherche et d’innovation dans les transports terrestres sera renforcé. Étude détaillée d’accidents, aide à la conduite, éducation et formation, connaissance des comportements, santé des usagers et conduite, intégration de la sécurité routière dans la gestion des réseaux routiers seront les thèmes principalement abordés. L'Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité (INRETS) augmentera la part de ses travaux consacrés à la sécurité routière. ð Une évaluation des politiques locales de contrôles et de sanctions sera également effectuée sous l'égide du Conseil National d'évaluation des politiques publiques. ð En outre, les premières rencontres de la recherche en sécurité routière seront organisées et rassembleront des chercheurs de toutes disciplines et de toutes origines afin de valoriser auprès des chercheurs et du grand public l’objet scientifique que représente la sécurité routière. Une meilleure lisibilité de l’utilisation des crédits publicsð Dans un souci de transparence et afin de permettre à tous d’apprécier les moyens attribués par objectif, ainsi que leur progression et leur efficacité, un document d’information budgétaire indiquera les moyens alloués chaque année par l’ensemble des ministères à la lutte contre l’insécurité routière. Aujourd'hui, ces budgets apparaissent sur des documents propres à chaque ministère. ð Le bilan annuel sur l’insécurité routière établi par l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière (ONISR) et publié chaque printemps fera état des effectifs mobilisés, du nombre de contrôles et des infractions relevées, des condamnations prononcées ainsi que des retraits de points effectués, par nature d’infraction. Améliorer l'éducation et la formation à la sécurité routière
L'éducation à la sécurité routière est un aspect essentiel de l'éducation à la citoyenneté. Elle constitue un devoir partagé par tous et particulièrement par ceux qui assument des responsabilités éducatives auprès des jeunes. Il leur faut inciter les usagers de la route, dès le plus jeune âge, à appliquer systématiquement les règles du code de la route et à respecter les autres, leurs spécificités et leur vulnérabilité. La formation reçue par les futurs conducteurs est d'autant plus efficace qu'elle s'appuie sur une éducation au plein sens du terme. Cette éducation doit être entreprise auprès des enfants dès leur plus jeune âge et poursuivie tout au long de la vie auprès de l'ensemble des citoyens. Les moyens accordés aux Préfets, par le ministère de l'Équipement, des Transports et du Logement, pour l'élaboration des Plans Départementaux d'Actions de Sécurité Routière augmentent de 50% au budget 2001 et il leur sera demandé d'inscrire un volet "éducation citoyenne à la sécurité routière". La formation au code de la route et à la conduite est l'outil central et indispensable d'action sur le comportement des conducteurs. Son amélioration demandée par le gouvernement et approuvée par les professionnels passe par un renforcement du respect du programme national de formation par les établissements d'enseignement.
Une attestation de première éducation à la route à l'école primaire La sensibilisation à la sécurité routière tout au long de la vie est un volet complémentaire de la formation à la conduite : l'école a un rôle essentiel à jouer dans ce domaine. ð L'enseignement de la sécurité à l'école primaire (maternelle et élémentaire) sera valorisé par l'attribution d'une attestation de première éducation à la route qui sera délivrée à la fin de l'école élémentaire. Elle permettra de valider les compétences acquises dans des domaines aussi importants, pour un jeune enfant, que l'apprentissage des premières grandes règles liées à l'usage de la route ou de la rue, que ce soit à pied, en vélo ou comme passager. Un groupe de travail, en liaison avec le Ministère de l'Équipement, des Transports et du Logement, élaborera le contenu et les modalités pédagogiques de cette éducation à la route, déjà mise en oeuvre dans de nombreuses écoles.
L'enseignement de la sécurité routière au collège bientôt partie intégrante du permis de conduire Afin de renforcer la continuité de la formation à la sécurité routière, les attestations scolaires de sécurité routière (niveau 1 et 2) passées en classes de 5ème et de 3ème seront valorisées : ð Le gouvernement a pour objectif un permis de conduire en 3 modules dont le premier serait l'Attestation Scolaire de sécurité Routière (Niveau 2) passée en 3ème au collège ou son équivalent, et les 2 autres le code (qui serait ainsi allégé) et l'épreuve de conduite. Un groupe de travail interministériel, réunissant le ministère de l'Équipement, des Transports et du Logement, le ministère de l'Intérieur et le ministère de l'Éducation Nationale, sera mis en place pour décliner concrètement toutes les mesures nécessaires pour que l'ASSR (niveau 2) ou son équivalent, soit prise en compte dans le permis de conduire.
Le Brevet de Sécurité Routière obligatoire pour tous les usagers de cyclomoteurs ð Afin de diminuer le nombre d'usagers de cyclomoteurs victimes de la route, il sera désormais indispensable, pour conduire un cyclomoteur ou un quadricycle léger à moteur, de disposer d'un permis ou du Brevet de Sécurité Routière et d'être âgé de 14 ans. Le Brevet de Sécurité Routière (BSR) est composé d'une partie théorique dispensée au collège et sanctionnée en classe de 5ème par l'ASSR de 1er niveau, et de 3 heures de formation pratique L’extension de cette obligation devrait permettre de réduire l’insécurité chez les cyclomotoristes, notamment chez les 16-21 ans, classe d’âge particulièrement touchée par l'insécurité routière en cyclomoteurs. Ce brevet actuellement exigé pour la conduite d'un cyclomoteur entre 14 et 16 ans a permis de faire diminuer l’accidentologie des jeunes. Entre 1997, date de mise en place du BSR, et 1999, le nombre de tués en cyclomoteurs dans la tranche d’âge des 14-16 ans a diminué de 20%. Ces 2 mesures ne s’appliqueront qu'aux personnes nées après le 31 décembre 1986 uniquement, afin de garantir qu’elles ne touchent que ceux qui auront pu disposer de l’enseignement correspondant.
La sensibilisation à la sécurité routière doit se poursuivre tout au long de la scolarité : ð Au lycée, les établissements, par l'intermédiaire des conseils de la vie lycéenne nouvellement élus, seront invités à imaginer et à engager des initiatives en direction des lycéens eux mêmes. Les initiatives qui porteront sur la vigilance des jeunes durant les sorties du samedi soir et du week-end seront particulièrement encouragées. Un permis de conduire accessible au plus grand nombre26 000 jeunes gens passaient leur permis au service militaire. Afin de faciliter aux jeunes les plus en difficulté l'accès au permis de conduire, dont certains le passaient au service militaire, les aides financières seront augmentées. L'accès au permis de conduire, souvent indispensable pour postuler à un emploi, sera facilité pour les jeunes les plus en difficulté. Pour lutter contre cette source d'exclusion supplémentaire, il a été décidé : ð Lors de la journée d’“appel de préparation à la Défense”, il sera conseillé aux jeunes gens et aux jeunes filles de prendre contact avec la mission locale ou avec la permanence d’accueil, d’information et d’orientation (PAIO) qui pourront les aider à préparer leur permis de conduire dans le cadre d’un parcours d’insertion professionnelle. Les jeunes relevant du système éducatif pourront être intégrés dans le programme "Nouvelles Chances". ð Les fonds d’aides aux jeunes, dans les programmes TRACE (Trajectoire d’accès à l’emploi), seront mobilisés au profit des jeunes pour lesquels une préparation au permis de conduire serait un atout supplémentaire d’insertion professionnelle. ð Parallèlement, les préfets mobiliseront une part significative de l’enveloppe globale des crédits du Fonds Social Européen qui leur est affectée dans le cadre de l’insertion sociale et professionnelle, afin de porter à 5 000 le nombre de jeunes en difficulté qui pourront en bénéficier pour obtenir leur permis de conduire. des effectifs plus nombreux pour une meilleure evaluation des candidats et une formation de qualitéAujourd'hui, 937 inspecteurs et délégués du permis de conduire ont pour mission d’évaluer les compétences et aptitudes à la conduite, de contrôler le respect par les écoles du programme national de formation, et d’assurer ainsi que ladite formation contribue bien à améliorer le comportement des nouveaux conducteurs, et donc la sécurité routière. 30 postes supplémentaires ont déjà été créés au budget 2000. Pour faire face au nombre croissant de candidats, accroître la qualité de la formation grâce à un contrôle plus rigoureux des écoles de conduite et améliorer les conditions de passage de l'examen au permis de conduire, il a été décidé : ð 230 inspecteurs au permis de conduire supplémentaires seront recrutés sur 3 ans. 77 d’entre eux sont d'ores et déjà prévus au budget 2001. Ces recrutements augmentent ainsi le nombre d'inspecteurs de près de 30% par rapport à 1999. Pour une utilisation plus scientifique des nouvelles technologies dans l’enseignement de la conduiteð A partir de l’analyse de travaux et d’expériences déjà menées, l'Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité (INRETS) établira un cahier des charges précisant les modalités d’utilisation des simulateurs dans l’apprentissage de la conduite. Il sera diffusé aux établissements utilisant la formation sur simulateur afin de confronter le futur conducteur à des situations inhabituelles. Poursuivre le renforcement de l'efficacité des contrôles et sanctions et de la dissuasion qu'ils exercentLa probabilité d'être contrôlé et sanctionné en cas d'infraction constitue un moyen de dissuasion efficace. Les baisses du nombre d'accidents au cours des 5 derniers mois correspondent à une forte mobilisation des forces de l'ordre depuis le printemps. Le gouvernement a décidé de maintenir ce haut niveau de contrôles.
Sanctionner plus efficacement les infractions graves en respectant les droits des citoyens Le Préfet peut aujourd'hui, en application de l'article L18 du code de la route, suspendre le permis de conduire pour les infractions les plus graves après avis d'une commission devant laquelle le contrevenant peut présenter sa défense. La lourdeur de cette procédure contraint les préfets à utiliser la procédure d'urgence qui permet de suspendre le permis de conduire après avis des seuls délégués représentant ces commissions. ð Le gouvernement a donc décidé d'engager une réflexion sur le fonctionnement des commissions de suspension du permis de conduire, afin de mieux garantir les droits des contrevenants. Aujourd'hui, les forces de l'ordre peuvent prendre une mesure de rétention du permis de conduire à l'encontre d'un conducteur qui a une alcoolémie supérieure à 0,8 g/l. Vitesse et alcool représentent les principales causes d'accident : 30% des conducteurs responsables d’accidents mortels ont une alcoolémie positive, et une vitesse inadaptée est en cause dans un accident sur deux. ð Les forces de l'ordre verront leur pouvoir de rétention de permis de conduire étendu aux excès de vitesse de plus de 40 km/h, en plus des délits liés à l'alcool.
Renforcer les politiques de contrôle routier Le gouvernement poursuit le renforcement des unités spécialisées de la gendarmerie et de la police nationale et développe les outils juridiques et techniques permettant de démultiplier les contrôles en milieu urbain et en milieu rural. ð En milieu urbain, le contrôle de la circulation routière pourra désormais faire partie des missions des polices municipales dans le cadre des conventions de coordination passées avec l'État. Une formation spécifique à la sécurité routière sera proposée aux policiers municipaux. ð Les contrats locaux de sécurité (CLS) signés entre l'État et les collectivités comprendront systématiquement un volet sécurité routière. Le ministère de l'Intérieur a recruté sur des contrats de 5 ans 14 000 adjoints de sécurité. Leur nombre sera porté à 20000 au 31 décembre 2000. Aujourd'hui, ils participent à des mission de surveillance générale. ð Des dispositions seront prises afin qu'ils soient davantage associés à l'exercice des contrôles de sécurité routière et que leurs compétences soient étendues à la constatation de certaines infractions au code de la route. La gendarmerie nationale a en charge la surveillance de l'essentiel des réseaux interurbains. Ses moyens seront renforcés afin d'améliorer les politiques de contrôles mises en œuvre notamment au niveau départemental. ð Fin 2002, la gendarmerie nationale disposera de 16 000 gendarmes adjoints volontaires, affectés pour 90 % dans les unités opérationnelles de la gendarmerie départementale particulièrement concernée par la surveillance des réseaux secondaires qui compte plus de 60% des tués. Leurs compétences juridiques seront très prochainement élargies et leur permettront de constater la plupart des infractions au code de la route. La gendarmerie pourra ainsi compter sur un potentiel humain notablement augmenté pour l’exercice de sa mission de contrôle routier. ð Par ailleurs, 50 postes supplémentaires de sous-officiers seront créés en 2001 pour le réseau autoroutier. ð S’agissant de l’équipement en matériels du contrôle routier, les crédits importants (100 millions de F) du plan triennal 2000-2002 décidé au CISR du 2 avril 1999 seront augmentés de 20%. ð La gendarmerie consacrera, en dehors du plan triennal, des crédits très importants au renouvellement du parc de ses unités spécialisées en police de la route : 242 MF permettront, sur la période 2000-2002, d’acquérir 340 véhicules automobiles et 1930 motocyclettes.
Alléger les tâches administratives pour permettre des opérations de contrôle plus efficaces ð L'utilisation de la nouvelle carte lettre, qui permet un traitement des procès verbaux simplifiés notamment en matière de vitesse, sera bientôt étendue à l'ensemble des services qui ont en charge des contrôles. ð Une expérimentation de système de contrôle intégré à l'infrastructure et entièrement automatisé, de la constatation de l’infraction à l’envoi du procès verbal au domicile du contrevenant, sera mise en place à Lyon et fera l'objet d'une évaluation. ð Le Service d'Etudes Techniques des routes et Autoroutes (SETRA) a été chargé d'étudier sous 6 mois la possibilité d'utiliser les installations courantes et déjà en place de surveillance de la circulation routière comme instrument de constat automatisé des infractions et l'identification de leur auteur. La fiabilité juridique des constatations ainsi établies sera également examinée. Expérimenter des sanctions pédagogiquesAfin d'améliorer la lutte contre l’alcoolémie au volant et les excès de vitesse, en cause dans la majorité des accidents de la circulation, il est nécessaire de rechercher des pistes nouvelles, notamment en termes de sanctions, complémentaires aux peines traditionnelles de suspension du permis de conduire. La répression pénale de ces comportements ne doit pas diminuer pour autant, mais il apparaît judicieux d’explorer les possibilités offertes par les techniques permettant l’installation d’un éthylotest antidémarrage ou d’enregistreur de vitesse (“ boîte noire ”). ð A titre expérimental, dans deux départements, les procureurs de la République inciteront les conducteurs verbalisés pour avoir conduit avec un taux d’alcoolémie contraventionnel à installer un éthylotest antidémarrage sur leur véhicule. ð La même expérience sera engagée pour inciter les conducteurs verbalisés pour excès de vitesse de moins de 50 km/h par rapport à la vitesse autorisée à équiper leur véhicule d’un enregistreur de vitesse (“boîte noire ”). A l’issue de cette expérimentation, il sera procédé à une évaluation globale des résultats ainsi obtenus afin de déterminer l’efficacité de cette mesure et le cadre juridique dans lequel elle pourrait être généralisée. Il s'agit d'évaluer la portée du recours à des moyens préventifs sans pour autant diminuer la répression pénale de ces comportements. Une politique pénale plus homogène pour lutter contre l’insécurité routièreAfin d'homogénéiser les politiques pénales en matière de sécurité routière, il a été demandé aux procureurs d'exposer dans un rapport annuel les politiques mises en œuvre dans leur ressort. ð L'analyse de ces données constituera un élément de la réflexion en cours sur les politiques pénales générales dont l'une des circulaires sera consacrée au problème de la délinquance routière. Renforcer
la sécurité des infrastructures
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