LA DÉCISION doit être validée cet après-midi en commission. Le syndicat d'agglomération nouvelle (SAN) de Cergy-Pontoise s'apprête à offrir aux policiers et aux gendarmes quatre radars-jumelles laser. Un « cadeau » de plusieurs centaines de milliers d'euros qui vise à intensifier la lutte contre les excès de vitesse dans les rues de l'agglomération. Le projet était à l'étude depuis plusieurs mois, notamment après une série d'accidents très graves survenus le long du boulevard de l'Oise qui avait posé de façon dramatique le problème de la sécurité routière à Cergy-Pontoise. Parmi les premiers à réagir à cette décision, les parents de jessica Belmadi, une lycéenne de 16 ans fauchée et tuée le 23 janvier dernier à Vauréal. Cet été, ils avaient décidé d'offrir un radar à la mairie en lançant une campagne de vente d'autocollants « je respecte la vie-tesse » vendus au prix de 1 €. Pour eux, le choix du SAN de financer quatre radars est forcément accueilli avec soulagement : « Nous attendions avec impatience la confirmation de cet engagement », témoigne Nasser, son père, rejoint par son épouse Malika. « Nous remercions tous ceux qui ont tenu parole. Il s'agit pour nous de défendre la mémoire et l'honneur de notre fille jessica et faire en sorte qu'il n'y ait plus de morts. »
Policiers et gendarmes associés au projet Concrètement, il faudra encore attendre le mois prochain et le vote en comité pour que le dossier soit finalisé. Mais les grandes lignes du dispositif sont déjà connues. Ces quatre radars-jumelles seront utilisés par des effectifs de la police nationale ou les gendarmes en fonction de la zone choisie sur l'agglomération. Police et gendarmerie ont d'ailleurs participé activement au projet en jouant le rôle de « conseillers techniques » pour le choix du matériel. En revanche, les polices municipales ne seront pas habilitées à utiliser ce matériel qui implique une interception du conducteur en faute. Les contrôles auront lieu en priorité sur les « points noirs » définis dans le cadre du contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), mais pourront aussi être organisés à la demande du maire d'une commune dans un lieu jugé « stratégique » en matière de sécurité routière. « Nous allons travailler dans la concertation pour être le plus efficace possible. Le matériel est appelé à tourner dans toutes les villes de l'agglomération », juge Nadia Courty, vice-présidente du SAN. Alors que l'agglomération de Cergy-Pontoise et le Val-d'Oise dans son ensemble sont exclus du dispositif de radars automatiques lancé il y a quelques jours en France, c'est donc une collectivité territoriale qui a choisi de financer l'achat de matériel. « C'est aussi à nous de trouver des réponses, estime Nadia Courty. On ne peut pas toujours tout demander aux pouvoirs publics et à ses représentants. » Un principe que Nasser Belmadi, le père de jessica, a compris depuis longtemps. Dans les jours à venir, il ira déposer un chèque de 1 100 € au SAN. La participation symbolique de son association à l'achat de ces radars.